« Au fond de l’eau » de Paula Hawkins

Au fond de l'eau

Avec « La fille du train », Paula Hawkins nous avait plongé avec brio dans une intrigue policière vraiment palpitante. Autant dire que j’attendais beaucoup de son nouveau roman.

Nel et Julia ne se sont jamais vraiment bien entendues. C’est donc avec appréhension et répugnance que Julia, dites Jules, quitte Londres pour retourner à Beckford, la ville de son enfance, y enterrer sa sœur et prendre soin de sa nièce qu’elle ne connaît pas.

Sur place, tout semble difficile à la jeune femme qui est contrainte de renouer avec un passé qu’elle a fuit et qu’elle prend à nouveau de plein fouet. De plus Lena, âgée de quinze ans, lui reproche son absence et son manque évident de soutien auprès de sa mère. Pourtant, la thèse du suicide de cette dernière semble complétement improbable, d’autant que la petite ville cache beaucoup de secrets.

Les romans de Paula Hawkins nous plongent dans une ambiance vraiment particulière, sombre, pesante, glauque. Les personnages que l’on croise sont pathétiques, borderline, mystérieux et baignent dans la tristesse et la langueur de leurs échecs. On est bien loin des héroïnes belle comme le jour, puissantes, charismatiques à qui tout réussi. Mais je trouve que ça fait du bien d’avoir face à nous de « vrais humains » fait de chair et de sang et surtout faillible.

Si l’écrivain sait nous mettre en condition lentement à l’image d’une immersion glacée dans les eaux troubles de la rivière de Beckford, elle ne m’a pas emportée jusqu’à fond (de l’eau).

L’intrigue est sans conteste prenante, chaque personnage dissimule des secrets honteux encore pire que ceux du voisin, l’eau exerce un pouvoir enchanteur et terrifiant, les indices semés et récoltés au compte goutte contribuent à nous scotcher au récit. D’autant que les courts chapitres permettent à plusieurs femmes, Lena, Jules, Erin, Louise, Helen, d’aborder l’intrigue sous différents angles.

Ce livre aborde également différents thèmes, le suicide, la dépression, la manipulation et sont traités avec beaucoup de subtilités et d’empathie.

Alors que la quatrième de couverture nous promettait « un ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits », j’ai été assez déçue et je reste sur ma faim. J’aurais aimé que Paul Hawkins frappe encore plus fort. Un peu raté selon moi mais ce roman reste un bon thriller malgré tout.

 

Publié dans : Livres | le 27 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Il était encore une fois » de Charlie Wat

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Un mariage, c’est souvent l’occasion de retrouver son passé à travers des visages que l’on a connu puis perdu de vue.

Celui-ci ne fait pas office d’exception.

Invitée à passer la semaine pré-mariage dans un mas provençal, Sandra se réjouit surtout de retrouver sa bande de copains du lycée. Le rigolo de la bande, la timide, le crâneur, la pimbêche et éternelle rivale, ils seront tous là… y compris Adrien, l’amour secret de la jeune femme. Si tout se présente pour le mieux, l’arrivée de Mélanie vient vite faire tourner à l’aigre le séjour: les deux femmes n’ont toujours pas oublié leur haine réciproque et elles continuent comme par le passé à se disputer les faveurs du beau Adrien… au point de gâcher la réception nuptiale avec une retentissante bagarre!

Sauf que… les deux jeunes femmes se réveillent à nouveau quelques jours avant la cérémonie! L’occasion de rattraper leur erreurs?

Ce roman fleure bon l’été, les soirées festives au bord de la piscine entre copains, les souvenirs … nostalgie!

Charlie Wat nous entraîne dans une délicieuse et divertissante comédie romantique qui ne manque pas de nous interroger sur nos choix de vie et notre perception des gens au fil du temps qui passe. L’heure du bilan a sonné!

Merci Charlie de m’avoir permis de découvrir ta plume! A bientôt j’espère ;-)

Publié dans : Livres | le 21 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Elle était si jolie… » de Nicolas Carteron

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Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de ce jeune auteur qui a beaucoup de talent. Avec « Quant ta lettre est arrivée » et « Une éternité plus tard » , il nous contait de belles histoires d’amour avec pour toile de fond le département des lettres perdues pour l’un et les rues de Paris pour l’autre.

Cette nouvelle lecture est assez différente des autres car elle nous tient en haleine à l’image d’un bon thriller.

Alors que Léna, comme chaque matin, se rend dans la chambre d’Ana, son bébé de quelques mois, elle constate avec horreur que le lit est vide. La porte fenêtre du salon a été forcée pendant la nuit. On vient d’enlever son enfant. Qui? Pourquoi? L’enquête piétine jusqu’à la demande de rançon qui met Léna sur une piste qu’elle répugne à suivre et pourtant elle devra se faire violence.

J’ai apprécié mes deux premières lectures de l’écrivain mais ce roman-là est clairement mon préféré. Durant les premiers chapitres, on suit par intermittence le kidnappeur. Sa tonalité caustique, sa froideur, sa détermination font froid dans le dos. On comprend vite qu’on a affaire à un personnage déterminé et qui a souffert, beaucoup souffert. Je redoutais même la lectures de certains passages… c’est pour dire.

Ensuite les pièces du puzzle se mettent en place. L’intrigue rebondit lorsque l’on commence à saisir les interactions entre les personnages. Mais on est pourtant bien loin du compte car l’auteur nous réserve pas mal de surprises et de révélations jusqu’au bout.

Qu’il fait bon lire quand le récit est aussi fluide et prenant! Rien n’est laissé au hasard et j’ai trouvé l’histoire vraiment bien menée, solide, plausible et un peu tordue aussi, il faut bien le reconnaître.

Bravo à Nicolas Carteron! Tu iras loin c’est certain!

 

Publié dans : Livres | le 21 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Une vie plus belle » de Diane Chamberlain

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Tout commence avec un petit air de Roméo et Juliette.

Travis et Robin sont deux adolescents de 15 ans lorsqu’ils se rencontrent. Un père surprotecteur, des statuts sociaux différents, leur jeunesse, finissent par faire voler en éclats leur histoire. De leur amour, il reste Bella, une adorable petite fille de 4 ans dont Travis a la garde, Robin ayant choisi de disparaître complétement de leur vie.

Lorsque l’incendie de la maison de sa mère survient, Travis et Bella perdent tout: une mère et grand-mère dévouée et un toit au dessus de leur tête. Contraint de vivre dans sa camionnette, le jeune homme doit rivaliser de subterfuges pour assurer à son enfant le minimum vital. Sa rencontre avec Erin dans un café lui redonne un peu d’espoir. Grâce à son aide, ils vont peut être réussir à venir à bout de leur difficultés. Jusqu’au jour où un mauvais choix les entraîne dans une spirale dangereuse et infernale.

Loin d’un conte de fée, ce roman m’a entraînée au-delà d’une histoire banale et prévisible. Travis a seulement 20 ans assume avec dévouement son rôle de père célibataire. Bien que disposant de peu de ressources, il fait en sorte que sa petite fille ne manque de rien alors qu’ils vivent dans des conditions plus que précaires. Ce qui va l’amener à faire un choix difficile et risqué. Ce personnage principal c’est la bonne surprise du roman. On est loin du stéréotype classique de la pauvre mère abandonnée avec son enfant par un homme égoïste, parti vivre sa vie ailleurs. Ici, la situation est bien différente et reconsidère le rôle de l’homme en tant que père.

Autour de lui gravitent d’autres histoires dont celle d’Erin. Agée d’une dizaine d’années de plus, elle s’est séparée de son mari pour pouvoir vivre à sa guise le deuil de sa petite fille, morte accidentellement. Alors qu’elle se laisse mourir à petit feu, accablée par le chagrin, la culpabilité, le manque, c’est l’arrivée de cet homme et de sa petite fille qui va redonner du sens à sa vie.

On retrouve aussi Robin, qui 4 ans après, a refait sa vie. Une vie qu’elle imagine idéale après une jeunesse marquée par la maladie qu’elle a choisit d’occulter. Mais le passé se rappelle à elle…

Un très beau roman, empreint de tristesse, de courage et d’amour. Un joli moment passé avec cette auteure que j’ai hâte de découvrir dans ses autres œuvres.

 

Publié dans : Livres | le 21 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Une vraie famille » de Valentin Musso

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Première image: un jeune homme pénètre dans une fac parisienne et exécute froidement ceux qui ont le malheur de croiser son chemin puis retourne l’arme contre lui.

Vous venez de faire un pas dans un bon polar.

Il vous en faut un peu plus?

Seconde image: François et Mathilde Vasseur, à la suite d’un drame personnel, se sont retirés en Bretagne dans une paisible longère. Leur chemin croise celui de Ludovic. Un jeune homme discret et mystérieux mais terriblement habile de ses mains. Il ne tarde pas  à devenir indispensable au couple. Quand le doute commence à s’inviter dans l’équation, il est trop tard. Mais le danger n’est pas vraiment où on regarde…

Cette fois, c’est bon, vous ne lâcherez plus ce roman qui, derrière une intrigue qui semble courue d’avance, saura vous étonner. Chaque page augmente le malaise latent d’une situation étrange. Bouffée délirante? Paranoïa? Réalité glaçante? Vous allez vous poser la question jusqu’au bout. Un retournement de situation efficace en milieu de livre relance l’intrigue de plus belle, impossible de décrocher.

Si vous aimez vous faire trimballer, vous allez vous régaler. Du grand art. Ils sont fort chez les Musso!

Je n’avais pas autant savouré un thriller depuis « Des nœuds d’acier » de Sandrine Collette.

Publié dans : Livres | le 14 juin, 2017 |5 Commentaires »

« Tout le monde n’a pas le destin de Kate Middleton » de Fred Ballard

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Voilà un titre qui semblait prometteur. Le style calligraphique un brin 70′s, les couleurs girly du titre – rose, violet… – laissaient à penser que le récit de cette quadra parisienne, trois fois divorcée et autant de garçons à élever seule, sous-estimée au boulot, allait me faire rire aux larmes.

Aucun doute là-dessus, avec un rythme approximatif de trois blagues toute les deux phrases, on est bien dans la comédie.

D’un côté, j’ai trouvé certains passages plutôt bien vu : l’organisation sans conviction du nouvel an, la visite chez le banquier ou encore l’entretien avec son boss qui préfère promouvoir la collègue bombasse aux gros seins et au cerveau de pois chiche plutôt qu’une autre plus compétente m’ont permis de passer un bon moment.

Par contre, le reste du temps j’ai vraiment eu l’impression de lire un long, très long article de presse féminine genre Biba. Les jeux de mots s’enchaînent à la vitesse du son, pas toujours avec beaucoup de finesse, les stéréotypes s’accumulent, les comparaisons sont exagérées à outrance… pfffff…. ça m’a soulée. Clairement.

En résumé: à embarquer sur la plage? Why not? Sinon: bof.

Ps: Ne cherchez pas Kate (Middleton) ou quiconque de la famille royale. Passé le titre, y en a plus.

 

Publié dans : Non classé | le 12 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Une éternité plus tard » de Nicolas Carteron

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Si vous aimez Musso ou Lévy vous allez accrocher avec le premier roman (il y en a eu 3 autres depuis + un en cours d’écriture) de Nicolas Carteron!

Un roman mi-fantastique mi-romantique bien ficelé avec quelques rebondissements surprenants qui nous tiennent en haleine jusqu’au twist final.

L’histoire: Adam Rasselot est un écrivain en perdition depuis le décès tragique de sa compagne il y a deux ans. Lors d’une balade en vélo dans Paris, il est heurté par un bus, il chute … et se réveille dans une étrange pièce en compagnie d’un vieil homme qui lui remet une liste de 5 noms. Pour obtenir une deuxième chance de changer son destin, il doit parvenir à sauver ces personnes.

Nicolas Carteron sait de quelle manière nous faire patienter par quelques révélations bien placées et des chapitres alternant les événements marquants entre différents personnages dont le sort est intimement liés. Il y a dans ce livre une belle réflexion sur les hasards de la vie et ses bonnes ou moins bonnes surprises, le pardon – peut on toujours y parvenir? – le deuil et la façon que chacun a de porter son fardeau, la répercussion de nos gestes sur les autres.

L’aspect fantastique de l’histoire est intéressant, loin d’être ridicule, il amène une touche de magie et si j’ai cité plus haut deux écrivains que je lis régulièrement, j’ai aussi pensé à deux films de Jim Carrey, « Bruce Tout -Puissant » et mon préféré « The Truman Show » où la vie du personnage principal est guidée par une force supérieure, ce qui nous interroge aussi sur l’existence de notre libre-arbitre.

Info concours: sur ma page FB actuellement et jusqu’au 20 juin, je vous propose (c’est moi perso qui offre ;-) ) de gagner le dernier roman sorti de Nicolas Carteron  »Quand ta lettre est arrivée » dédicacé à votre nom. Alors rendez vous ici: concours Nicolas Carteron ! Bonne chance!

 

Publié dans : Livres | le 10 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« La dernière des Stanfield » de Marc Lévy

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Londres. Quelques semaines après le décès de sa mère, Eleanor-Rigby reçoit un courrier anonyme qui prétend qu’elle est loin de tout savoir de sa génitrice et que celle-ci a même commis un crime lorsqu’elle était jeune femme.

Fin fond du Québec, Georges-Harrison reçoit la même missive.

L’auteur mystérieux de ces courriers leur donne rendez-vous dans un café de Baltimore, où ils vont faire connaissance et, ensemble, mener l’enquête sur le passé de leurs mères respectives et tenter de découvrir qui les a réunis.

Si « L’horizon à l’envers » m’avait un peu laissée de marbre au début, j’ai tout de suite accroché avec ce nouveau roman de Marc Lévy. Comment ne pas tomber sous le charme de ces personnages dont les réparties drôlatiquement mordantes sont un régal? L’auteur nous offre dans ce livre une histoire familiale sur trois générations:1944, pendant la deuxième guerre mondiale, les années 80, période de prise d’indépendance féminine et nos jours. Des secrets de famille y sont dissimulés, des crimes, des drames, un père jamais connu…

Un jeu de piste habile à la fois drôle, tendre et humain comme sait nous les conter Marc Lévy.

Un bon cru!

 

Publié dans : Livres | le 9 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Avant d’aller dormir » de S. J. Watson

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Chaque matin, Christine se réveille au côté d’un homme dont elle ignore tout, dans une maison qu’elle ne reconnaît pas.

Et chaque matin, Ben, son mari, doit tout lui expliquer à nouveau: l’accident, sa perte de mémoire qui lui fait tout oublier à chaque fois qu’elle s’endort. Aidée en secret par le docteur Nash, elle tente de reconstituer des bribes de son passé et tient un journal où elle note tout ce dont elle se souvient. Mais certaines réminiscences ne correspondent à ce qu’on raconte à Christine. Alors à qui faire confiance? Ces souvenirs ne sont ils pas fabriqués de toutes pièces?

S. J. Watson signe ici un fabuleux thriller haletant et addictif. Dès les premières pages, j’ai été happé par l’histoire de Christine. Le risque de ce roman était de tomber dans un récit répétitif où chaque matin, l’héroïne doit à nouveau faire le bilan de ce qu’elle a oublié. Mais on ne tourne pas en rond une seule seconde et par un habile tour de force, l’enquête sur la passé de Christine démarre. Chaque jour apporte son nouveau lot de découvertes mais aussi de questions. Autant d’éléments qui relancent la recherche de la vérité jusqu’au twist final inattendu (et pourtant j’avais imaginé plusieurs scénarios…).

Du grand art! Je le recommande!

Info supplémentaire: Un film a été tiré de ce roman avec comme acteurs principaux Nicole Kidman et Colin Firth et d’après les échos que j’en ai eu (merci Magali) il vaut la peine d’être vu.

 

Publié dans : Livres | le 29 mai, 2017 |Pas de Commentaires »

« L’art d’écouter les battements de coeur » de Jan-Philipp Sendker

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« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » Antoine de Saint Exupéry

C’est à cette citation que j’ai pensé en refermant le roman de Jan-Philipp Sendker, tant elle reflète bien l’histoire de Tin Win, jeune Birman orphelin d’une extrême intelligence et d’une intuitivité exceptionnelle. Cet extraordinaire don lui permettra de découvrir les beautés du monde qui l’entoure et de connaître un amour unique.

Le roman s’ouvre sur l’arrivée de Julia, jeune avocate New Yorkaise, en Birmanie, le pays d’origine de son père. Ce dernier a disparu, quatre ans auparavant, et la jeune femme cherche à comprendre pourquoi. Elle est alors abordée par un vieil homme répondant au nom de U Ba qui entreprend de lui raconter les vingt premières années de vie de Tin Win.

Un récit passionnant, une explosion de saveurs, de senteurs et de couleurs à travers les paysages de la Birmanie. J’ai eu l’impression de croquer à pleines dents dans une mangue, de m’enivrer du parfum suave de l’hibiscus, de sentir la morsure du soleil sur ma nuque… Un récit philosophique et spirituel inspirant qui donne les clés du bonheur: voir la beauté en toutes choses, laisser s’exprimer son intuition, comprendre que la vie est un passage tout comme la mort et que redouter cette dernière c’est perdre son temps, sublimer l’amour…

Apaisant et d’une grande beauté.

Publié dans : Livres | le 26 mai, 2017 |Pas de Commentaires »
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Christine Bernard |
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