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Un jour, un écrivain… Alice Sebold

lucky la nostalgie de l'ange

Il y a ce livre qui traîne sur ma table de nuit. Il est écorné, la faute a des lectures répétées et marqué à la page 110… attendant patiemment que je le reprenne en main et que je me replonge dans le récit d’Alice, violée dans un souterrain à l’âge de 18 ans. Les policiers lui ont dit à l’époque qu’elle avait « eu de la chance » parce que la dernière fille qui s’était fait violée là avait fini tuée et coupée en morceaux… Alors elle devait s’estimer heureuse (heureuse!!!???) de s’en tirer à si bon compte. Ses parents mal à l’aise par « l’affaire » et honteux restent silencieux et puis, plus tard, le responsable est arrêté et jugé. Nouvelle épreuve. Tout dire, redire, exposer son intimité devant tout le monde, un nouveau viol en quelque sorte.

Il y a des auteurs comme ça qui vous arrachent les tripes et vous font saigner le cœur. Alice Sebold en fait partie. Auteur peu prolixe, trois romans à son actif, elle utilise l’écriture comme un outil cathartique. Des histoires très dures, intenses, profondément émouvantes et qui se parent d’une beauté… sauvage.

Lucky (en français chanceuse), le récit de son agression, est terriblement terre-à-terre. L’auteur y détaille à la fois avec détachement et avec émotion ce qu’elle a dû subir, l’acte en lui-même, les réactions complétement décalées et parfois cruelles ou indifférentes de ses proches, le procès. Un récit difficile.

Difficile, mais sans commune mesure avec son premier roman La nostalgie de l’ange publié en 2002 et qui a été un énorme succès, traduit dans 30 pays, vendu à plus de 3 millions d’exemplaires et adapté en film (« The lovely bones »).

Dans ce roman, c’est la jeune Susie âgée de 14 ans qui nous raconte son histoire. Violée et tuée par un voisin, son âme monte au ciel et c’est depuis ce poste d’observation qu’elle regarde son petit monde évoluer. Le deuil de ses parents, les difficultés de sa sœur à trouver sa place et à ne pas être seulement « la sœur de la ville violée », son meurtrier qui continue à vivre sa vie et les amis qui, au fil de temps, l’oublient.

Ce roman-là fait partie de ceux qui vous laissent des traces: dévastateur, éprouvant mais aussi d’une beauté incroyable grâce à l’âme lumineuse de la jeune Susie… Un bouquet d’émotion que j’avais envie de vous communiquer.

J’ai presque envie de vous dire qu’Alice Sebold mérite qu’on la lise. Oui, elle le mérite.

Publié dans:un écrivain |on 14 avril, 2017 |2 Commentaires »

Christine Bernard |
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