Archive pour la catégorie 'Livres'

« Est-ce ainsi que les femmes meurent? » de Didier Decoin

estce ainsi que les femmes meurent

L’affaire « Kitty Genovese » a défrayé la chronique en 1964. Ce crime est resté tristement célèbre tant par sa sauvagerie que part l’aspect inhumain des circonstances: la jeune italo-américaine a en effet été agressé, poignardée et violée sous les yeux de pas moins de 38 voisins. Aucun n’est intervenu malgré ses appels au secours.

Didier Decoin en tire un roman qui dépeint admirablement ce fait divers sanglant. Sous le regard d’un des voisins, policier à la retraite et absent au moment des faits, il retrace la vie de la jeune Kitty et nous raconte ce qui la mené à croiser le chemin du tristement célèbre Winston Moseley, tueur nécrophile qui à l’époque a avoué sans sourciller de nombreux meurtres ignobles.

Outre la personnalité hors normes du tueur, c’est l’aspect psychologique des nombreux témoins qui inspire le malaise. De nombreux psychologues et psychiatres se sont penchés sur cette question. Le Bystander effect ou effet spectateur est depuis un cas d’école bien connu.

Ce livre très bien documenté pose donc la question de la non-assistance à personne en danger, de notre réaction face à un crime: dans un pareil cas que ferions nous?

J’ai trouvé ce livre passionnant, mon seul regret est qu’il n’aborde pas les sentiments des fameux 38 témoins: qu’ont ils ressenti lorsque les médias ont jetés leur absence d’implication à la face du monde? Quels ont été les conséquences sur leur vie, leur estime d’eux-même?

Publié dans:Livres |on 13 mars, 2016 |Pas de commentaires »

« Dieu est un pote à moi » de Cyril Massarotto

CV-DieuNewCV:Mise en page 1

Voilà un superbe livre que j’ai eu plaisir à redécouvrir pour vous en parler pleinement.

« Dieu est un pote à moi ». Quand on lit ce titre, on est quand même tenté de croire à un vague roman potache. Un truc pas sérieux qui va nous débiter des blagues au kilo.

Eh bien pas du tout. C’est tout l’inverse.

Voici le pitch: un jeune trentenaire qui mène une vie tranquille et travaille dans un sex-shop rencontre un homme qui se présente comme Dieu. Ces deux là deviennent amis, se rencontrent et parlent de la vie, philosophent sur les raisons de leur amitié et traversent les épreuves de la vie…

Car plus on avance dans le roman et plus cela devient sérieux. Dieu a un message à délivrer mais le jeune homme est prévenu: la finalité de leur rencontre ne lui sera expliquée qu’à la fin de sa vie.

En attendant cette fin inéluctable, il rencontre Alice, une charmante jeune femme qui se destine à la psychanalyse, en tombe amoureux et avec la complicité de Dieu, l’épouse. Je m’arrête là dans le récit; j’ai toujours peur de trop en dire.  Ce roman est écrit avec beaucoup de simplicité mais parle tellement bien de la vie. Il pose aussi la question de ce qu’est le libre arbitre, la liberté, du mal, du bien de l’amour. Avec beaucoup de sensibilité – mais pas de sensiblerie – il évoque aussi la douleur, la souffrance.

Un petit cadeau précieux à faire à celui qui cherche à comprendre la vie qui l’entoure.

 

Publié dans:Livres |on 12 mars, 2016 |Pas de commentaires »

« 13 à table…2016″ De Bourdin, Bussi, Chattam….

13atable

A l’origine, une belle et altruiste idée:rassembler 12 auteurs de talent autour d’un thème « Frère et sœur ».

Un livre acheté, c’est quatre repas distribués pour les Restos du cœur.

A l’arrivée, un recueil de nouvelle plutôt bien réussi, hétéroclite, tantôt amusant, tantôt émouvant et parfois même glaçant.

Je pensais que mes nouvelles préférées seraient celles d’auteur que j’apprécie beaucoup (Françoise Bourdin ou Agnès Ledig). Au final, mon trio de tête m’a beaucoup surpris. J’ai adoré et découvert Stéphane De Groodt  qui maîtrise d’une façon hallucinante l’art du jeux de mot, j’ai frémi d’horreur devant le récit de Maxime Chattam – un vrai roi du suspense celui-ci… aussi surprenant que ça puisse paraître je n’ai jamais lu un de ses livres. Pourquoi? Je ne sais pas… mais je vais rectifier le tir… Si quelqu’un a un roman en particulier à me conseiller je suis preneuse.

Le dernier de la liste c’est Karine Giebel et sa prose intitulée « Aleyna »: un récit puissant sur le poids des traditions dans le monde moderne.

Une bonne action et un bon recueil! Malgré tout la nouvelle n’est pas mon genre préféré à lire. Le lecteur a si peu le temps de s’immerger dans l’histoire et la vie des personnages que déjà il doit les quitter. C’est toujours pour moi un grand regret et un source de frustration.

Plus le livre est long, plus c’est bon;-)

Publié dans:Livres |on 9 février, 2016 |Pas de commentaires »

« Des noeuds d’acier » de Sandrine Collette

Noeud d acier

« L’affaire Théo Béranger ».  Le nom que porte un terrible fait divers qui a eu lieu en 2002 dans la campagne française profonde.

L’histoire effroyable d’un homme violent et borderline qui sort de prison au bout de presque deux ans pour avoir failli tuer son frère Max. Après une visite à ce dernier qui tourne mal, il se réfugie dans une maison d’hôtes tenue par une certaine Madame Mignon et passe ses journées à se balader dans les forêts des environs. Un jour, il atterri près d’une maison isolée et délabrée où il rencontre un vieillard qui semble de prime abord inoffensif.

Le reste appartient à une chronique faite de violence, d’horreur, d’asservissement.

Un livre magistralement écrit que j’ai lu en à peine deux heures et demie tant le suspense et l’atrocité nous prend aux tripes. Si l’on se risque à se mettre à la place de Théo Béranger, le personnage principal, on ne ressort jamais vraiment de cette histoire où se dispute l’instinct de survie et le désespoir le plus profond.

Un roman qui a obtenu ,a juste titre selon moi, le grand prix de littérature policière en 2013. Je vous conseille la lecture de ce récit. C’est promis, vous n’en sortirez pas indemne. Il y à des livres comme ça qui vous laisse des traces indélébiles.

Publié dans:Livres |on 30 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

« Au nom du père » Françoise Bourdin

003634079

Gabriel Larcher est un ancien pilote automobile qui a connu la gloire et la célébrité.

A présent retraité, c’est avec un regard condescendant et une jalousie mal dissimulée qu’il juge ses enfants: Dan a tenté de suivre les traces de son père mais a préféré raccrocher faute de talent suffisant. Il gère à présent un circuit privé qui porte le nom paternel et dont Gabriel s’octroie toutes les retombées. Valentine, elle, est passionnée de rallye automobile et y connait quelques beaux succès, que son paternel rabaisse au rang d’amusement. Seul Nicolas, médecin de campagne et amoureux de la nature, n’a pas hérité de la passion familiale.

Cependant, aucun d’entre eux ne trouve grâce aux yeux du grand Gabriel Larcher, qui rumine et revit sans se lasser ses victoires d’antan, seules tranches de vie digne d’intérêt.

Une belle saga familiale comme seule Françoise Bourdin peut nous en offrir. On retrouve toujours les mêmes ingrédients qui font son succès: secret de famille, amour et ressentiment, rivalité, jalousie, espoir…. la vie quoi! Je trouve que dans ce roman-là ( tout comme dans « un soupçon d’interdit ») le patriarche est plutôt malmené. Égoïste, menteur, infidèle, il ne fait pas vraiment figure de rassembleur. On y voit un homme dans tout ce qu’il peut avoir d’imparfait. Cela ne le rend pas forcément sympathique mais permet de poser la question de la façon dont on peut grandir, s’émanciper et s’épanouir sans le regard positif de l’homme qui vous a conçu et élevé.

A noter aussi le talent de l’auteur pour nous faire aimer n’importe quelle région de France: la Bretagne (« La promesse de l’océan », « Les sirènes de St Malo »), la Haute Savoie (« La maison de Aravis ») et même d’autre pays comme le Québec (« Serment d’automne »). Et toujours beaucoup de références à des restaurants – réels ou inventés? – qui donnent incontestablement l’eau à la bouche!

Ce nouveau roman de Françoise Bourdin n’est pas pour moi une révélation mais j’ai toujours un grand plaisir à la lire… un peu comme on enfile un pull tout douillet et confortable que l’on possède depuis des années. Je sais ce que je vais y trouver et je m’y glisse avec confiance, certaine de passer un bon moment.

 

Publié dans:Livres |on 30 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

« L’enfant du samedi » de Valérie Blumenthal

Blumenthal-Valerie-L-enfant-Du-Samedi-Livre-894165727_ML

 

Isabella, la quarantaine, mène une vie plutôt confortable. Traducteur-interprète à son compte, elle subvient entièrement à ses besoins, est invitée régulièrement à des événements du monde londonien et s’autorise des amants quand elle le souhaite. Un jour, au détour d’un arrêt imprévu dans un centre commercial, son regard croise le regard lumineux d’une petite fille de trois ans, laissée seule dans sa poussette. Comprenant que l’enfant a été abandonnée, Isabelle cède à une impulsion subite et s’enfuit avec elle.

Elle découvre après coup un mot épinglé au vêtement de la petite indiquant qu’elle s’appelle Hannah et que sa mère ne souhaite pas être retrouvée. De plus, le corps de la fillette est criblée de bleus.

Toutes les barrières que la jeune femme avait patiemment érigé autour d’elle s’écroule. Elle qui ne voulait aucun attachement sentimental dans sa vie et encore moins un enfant se retrouve prête à toutes les folies pour protéger ce petit être si fragile. Mais on ne peut pas toujours fuir et vos actes finissent toujours par vous rattraper.

Un roman intéressant et touchant qui pose la question de notre degré d’implication face à une situation de maltraitance. Pourrait on aller jusqu’à défier la loi? Remettre sa vie en question? Quelle place tient notre enfance  face à cela?

Publié dans:Livres |on 22 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

« La fille du train » Paula Hawkins

7109_aj_m_6754

Rachel prend le train tous les jours pour Londres où elle travaille.

Sans enfant, divorcée depuis quelques années et atteinte d’un alcoolisme sévère qu’elle ne cherche pas vraiment à dissimuler, sa vie est morne et sans intérêt. Alors elle observe les maisons et leurs habitant qui jalonnent la voie ferrée. Elle imagine leur vie, leur donne des noms, les chérit comme ses propres enfants. Un couple a sa préférence. Elle a décidé de les appeler Jason et Jess. Ils représentent pour elle l’image du couple parfait , amoureux et en harmonie. Tout ce qu’elle avait et qu’elle a perdu.

C’est donc avec un horreur croissante que sa propre vie bascule le jour où surprend Jess dans son jardin en compagnie d’un autre homme que son mari. D’autant que le lendemain, la jeune femme, qui se prénomme en réalité Megan, disparaît mystérieusement. Les soupçons des enquêteurs se portent naturellement sur Jason, Scott dans la vraie vie, son mari. Horrifiée, Rachel décide de mener l’enquête et s’engage alors sur une voie dangereuse.

J’ai eu beaucoup de mal à me sentir proche de Rachel, le personnage principal de cette histoire. Et pour cause. Elle est tout ce qu’on ne veut pas être: seule, abandonnée, grosse et bouffie par l’alcool qu’elle ingurgite partout et en grosse quantité sans vraiment ce soucier de l’image qu’elle renvoie. Elle a même parfois des « blancs », des heures complètes où elle ne se souvient absolument pas de ce qu’elle a bien pu dire ou faire. D’après les fragments qu’elle rassemble après coup, il semblerait que ces périodes soient propices à un déchaînement de violence verbales et parfois physiques.

A travers cette attitude, on perçoit cependant sa grande souffrance face à l’échec de sa vie. Résoudre le mystère de cette disparition et surtout prouver au monde l’innocence de Scott c’est peut être la dernière branche à laquelle s’accrocher avant de sombrer complètement.

A noter que le roman est en réalité écrit avec trois voix de femmes: Rachel donc, Anna, la femme qui a pris la place de Rachel auprès de son ex-mari et Megan.

Un bon thriller palpitant sur fond de fausses apparences. Je recommande.

Publié dans:Livres |on 20 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

« Central Park » Guillaume Musso

centralpark-guillaumemusso-livre-roman

 

Après une soirée alcoolisée passée avec des amies, Alice, capitaine de police à Paris, se réveille sur un banc, menottée à Gabriel, pianiste de jazz de son état,en plein Central Park.

La veille au soir, elle s’en souvient, elle était à Paris. Et lui affirme qu’il se trouvait à Dublin. comment ont ils pu parcourir des milliers de kilomètres et se retrouver à New York et n’en avoir aucun souvenir? Pourquoi les a-t-on réuni? Une série de chiffre écrit au stylo sur la main de la jeune femme et d’autres chiffres gravés à même la peau de son compère … c’est avec ces maigres indices qu’ils vont devoir trouver les réponses aux nombreuses questions qu’ils se posent.

Un road « book » qui porte parfaitement l’empreinte Musso. Un suspense intense qui nous emmène sur quelques fausses pistes et de nouveaux mystères.

Malgré cette trame d’enfer et un final fort en émotion, j’ai été un peu déçue par ce roman. J’ai assez rapidement pensé à d’autres auteurs ou réalisateurs qui s’étaient déjà embarqués dans ce genre de cliffhanger retentissant. En lectrice assidue et gourmande de révélations fracassantes, j’attendais encore plus fort.

Un bon thriller malgré tout. Efficace.

 

Publié dans:Livres |on 17 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

« D’après une histoire vraie » Delphine de Vigan

Delphine de Vigan

 

Vrai… C’est tout l’enjeu du roman.

Delphine est écrivain et vient de connaître un succès aussi surprenant que retentissant. Elle enchaîne les rendez vous professionnels où sa parole est très attendue: son roman est il vrai? est ce la vérité? une autobiographie? Malgré l’engouement suscité par ses écrits, Delphine est une femme fragile, mal à l’aise en société et réservée. Elle peine à trouver ses marques dans ce nouveau statut.

C’est dans cet état d’esprit qu’elle rencontre L.. Une femme mystérieuse et envoûtante, qui, petit à petit se rend indispensable pour Delphine, dont l’angoisse de la page blanche prend des dimensions phobique, et elles ne tardent pas à devenir des amies complices. Mais cette rencontre ne cache t elle pas quelque chose de plus profond?

Delphine de Vigan nous entraîne dans un véritable thriller,inquiétant, angoissant. Chaque page épaissit le mystère autour de cette fameux L. A cette intrigue se mêle un questionnement sur l’écriture et la part de la réalité dans la romance. Ne doit on, en tant qu’écrivain, n’écrire que des choses vraies? La fiction est elle dépassée? Qu’attend le lecteur au fil des pages?

Un roman difficile à lâcher avant d’atteindre la dernière page tant la menace qui plane sur Delphine est forte et angoissante. L’auteur réussit parfaitement l’exploit de nous scotcher à l’histoire tout au long du récit avec cette question lancinante et dont la réponse floue nous échappe: d’après une histoire vraie?

Publié dans:Livres |on 17 janvier, 2016 |Pas de commentaires »
1...7891011

Christine Bernard |
Mes contines-Lala672009~ |
Likemybullshit |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Carnet de lecture de 3e
| Leblogdunefolle2
| Les contes de Nasreddin Hodja