« En attendant Bojangles » de Olivier Bourdeaut

en attendant bojangles

Lorsque l’on se retrouve face à un roman qui fait l’actualité comme celui-ci, on peut réagir de différentes manières: étourdi par les commentaires élogieux et les superlatifs en tout genre, on peut craindre d’attendre trop de l’œuvre, au final d’être déçu et fuir sans autre forme de procès. Ou, au contraire, porté par l’engouement général, se précipiter dans sa librairie préférée afin de se procurer le Saint Graal du moment.

Pour ma part, j’ai plutôt adopté l’attitude prudente de celle qui a envie de savoir mais sans y toucher.

J’ai d’abord écouté l’histoire incroyable de l’auteur, Olivier Bourdeaut. Eternel loser, comme il se qualifie lui-même, il va d’échec en échec et après différents métiers ratés il se retrouve au chômage et décide de se consacrer à l’écriture. Il propose alors aux éditeurs  un gros pavé de 500 pages « très sombre, cynique, violent ». Personne n’en veut. Prenant alors le contre-pied de cette première création, il écrit un roman lumineux qui trouve preneur et le succès.

A moitié convaincue, je me suis approchée à distance raisonnable du livre, le soupesant, scrutant avec interrogation cette illustration très années cinquante d’un couple dansant étroitement enlacés, examinant la 4ème de couverture. Et puis, je me suis lancée.

J’ai plongé avec délice dans cette histoire d’amour pas comme les autres et contée à travers les yeux d’un enfant, leur propre fils.

A la maison, c’est une fête permanente. Georges, le père, est en adoration devant sa femme, feu follet extravagant et imprévisible. Ensemble, ils font du quotidien une magie sans cesse renouvelée, s’accommodent avec légèreté des inconvénients bassement matériels de la vie de tous les jours et dansent. Dansent le « Mr Bojangles » de Nina Simone. Cette vie merveilleuse fait du petit garçon un enfant heureux, épanoui et curieux de tout. Mais au fil des années, une menace plane, les comportements de la jeune femme deviennent de plus en plus imprévisibles oscillant entre des états extrêmes et un jour, c’est la goutte d’eau qui fait tout basculer. Georges et son fils, uni comme jamais vont tout faire pour tenter de ramener dans leur vie la joie du temps d’avant.

 J’ai été très touchée par cette histoire qui aborde la folie avec beaucoup de légèreté. Ici, elle n’est jamais synonyme de vie gâchée, de tristesse, de honte. Au contraire, la vie y est plus belle comme magnifiée par cette vision bien particulière de la mère. Ainsi, le vaisselier est couvert de lierre car « trop moche », l’animal de compagnie qui se nomme Mlle Superfétatoire est un grand oiseau exotique qui se promène à sa guise dans l’appartement. Chaque journée révèle son lot de surprise, la vie y est belle et même si on sent très bien que tout cela n’est pas normal, on adhère complétement.

Mais je pense aussi que le style de l’auteur y est pour beaucoup dans le succès de ce roman. De nombreux passages ont une rythmique vraiment propre, un peu comme si l’on récitait une poésie ou comme si l’on chantait une chanson, ce qui ajoute beaucoup de gaieté et de tendresse à l’ensemble.

Je ne regrette donc pas d’avoir succombé au chant des sirènes. Ce livre vaut vraiment le coup.

Et pour que l’expérience soit complète, ne passez pas à côté de la chanson du titre, dont voici le lien : Mr Bojangles – Nina Simone.

Publié dans : Livres |le 30 janvier, 2017 |Pas de Commentaires »

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