« Plume fantôme » d’Isabel Wolff

plume fantome

Le pitch:

Jenni est ghostwriter – c’est à dire « nègre littéraire » ou encore écrivain public. Son métier est de retranscrire par des mots la vie des autres.

Un jour, on lui confie pour mission d’aider Klara, une vieille femme d’origine hollandaise et résidant en Cornouailles, à mettre ses souvenirs sur le papier. Elle est l’une des survivantes d’un camp d’internement de l’île de Java durant la seconde guerre mondiale et a décidé d’employer Jenni pour pouvoir expliquer à sa famille ce qu’elle y a vécu.

Ce travail va être pour Jenni l’occasion de faire face à ses propre démons qu’elle a passé sa vie à fuir au travers des récits de ses clients.

Mon avis:

Isabel Wolff est l’une de mes auteurs préférés.

Je l’ai découverte avec « Les tribulations de Tiffany Trott » (2000), un livre du registre chick-lit que j’ai vraiment beaucoup aimé de par son style et son humour. J’ai d’ailleurs souvenir d’un fou rire sans aucune discrétion dans un train à cause d’un passage où Tiffany écrit une carte postale à l’élu de son cœur (je n’en dis pas plus si vous voulez le lire).

Ensuite j’ai enchaîné avec tous ses autres romans que j’ai tous aimé mais avec plus ou moins de force. Mon préféré  reste sans conteste « Tout ton portrait » (2013) dont je vous ferai la chronique une autre fois. Cependant, « plume fantôme » a vraiment une place particulière pour moi.

Tout d’abord, ce roman, le dernier d’Isabel Wolff est le plus grave. L’auteur a doucement glissé, roman après roman, vers des oeuvres beaucoup plus délicates, personnelles et fortes en émotions à travers des secrets de famille. Jenni est une femme tourmentée qui a tellement de mal a accepter son passé qu’elle préfère se consacrer aux souvenirs des autres. L’histoire de Klara est un vrai catalyseur pour la jeune femme, qui pour différentes raisons se voit obligée d’affronter ses démons, de leur donner corps. C’est très touchant.

Ensuite, et c’est quand même de gros du récit, j’ai découvert un épisode que j’ignorais sur la seconde guerre mondiale: les camps d’internements en Indonésie, gérés par les Japonais.Cruauté, humiliation, escalade de sadisme dans les punitions… les anecdotes s’amoncellent tel un tas de fiente immonde. Isabel Wolff nous narre avec précision mais avec beaucoup d’humanité pour les victimes cette honteuse période de l’histoire mondiale. Le roman est très bien documenté. On est ni dans le mélo ni dans l’exhibitionnisme. On sent que la démarche de l’auteur est sincère et parle « vrai ».

Un très beau et puissant roman que je vous conseille. Pour ressentir. Et savoir.

Publié dans : Livres |le 27 octobre, 2016 |Pas de Commentaires »

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