« Fin de ronde » de Stephen King

Fin-de-ronde

Dans la chambre 217  du service des traumatismes crâniens, dit Le Bocal, Brady Hartsfield végète depuis cinq longues années.

Auteur du Massacre à la Mercedes qui couta la vie à 8 personnes, il s’apprêtait à exécuter bons nombre d’innocents lors d’un concert en se faisant exploser lorsque Bill Hodges et son acolyte Holly Gibney sont intervenus et l’ont réduit à l’état de légume. Depuis, les médecins estiment les lésions profondes et l’état du tueur irréversible. Mais le loup sommeille en attendant son heure…

Lorsque Bill et Holly, à présent à la tête de Finders Keepers, leur agence de détective privé, sont amenés à enquêter sur une affaire de meurtre-suicide, le lien avec Brady Hartsfield leur saute au yeux et c’est le début d’une enquête dangereuse et quasi surnaturelle.

Une vingtaine de pages au début nous plonge dans l’horreur la plus totale avec une scène d’apocalypse: une voiture folle sème la panique devant le City Center en fauchant les passants.

Une vingtaine de pages à la fin  nous donne le frisson grâce à un dénouement sur les chapeaux de roues, intense et palpitant.

Voilà. Vous avez selon moi l’essentiel de ce qu’il y a à retenir de de roman du grand Stephen King. Entre les deux, une intrigue que l’on devine assez aisément quand le connaît le bonhomme et de long, long retours en arrière et résumés de ce qui constitue l’essentiel des deux précédents opus.

A ma décharge, je n’ai pas lu  »Mr Mercedes » et  »Carnets noirs ». Mais nul besoin pour découvrir la fin de cette trilogie puisque Stephen King nous (re)donne toute l’histoire.

Personnellement, et apparemment mon avis de détache un peu de la masse, je suis assez déçue. J’ai même dû lutter pour terminer de lire ce roman. Pourtant, j’adore cet auteur qui fut le premier à me faire découvrir le genre fantastique/horreur avec, entre autre le très efficace  »Ça ».

Un de ses talents demeure toutefois intact: nous présenter avec brio et force détails des personnages secondaires dans de courts chapitres, ce qui donne infiniment de force au récit principal. Un peu comme dans le fléau où l’auteur nous faisait suivre des passages de vies de certaines personnes infectées, donnant une dimension microscopique d’un phénomène de grande ampleur.

A noter aussi une réflexion intéressante sur l’addiction aux écrans, la grande maladie de notre époque, et la résonance particulière que les meurtres de masse perpétrés par Brady Hartsfield dans ce roman ont pour chacun d’entre nous – 14 juillet 2016 – pour ne citer pudiquement que celui-là.

Publié dans : Livres | le 26 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

« Meutres pour rédemption » de Karine Giébel

Meurtres-pour-redemption

989 pages dans la version poche du roman de Karine Giébel, rien que ça!

Il y avait bien longtemps qu’une lecture aussi dense ne m’avait pas autant accaparée.

Car elle sait y faire Karine. Son domaine de prédilection: l’enfermement sous toutes ses formes. Psychologique dans l’inoubliable  »Juste une ombre », physique et pervers avec  »Les morsures de l’ombre »…

Ici, l’auteure nous entraîne dans les méandres d’une prison au côté de Marianne, 20 ans et déjà condamnée à perpétuité pour meurtres et dresse un portrait édifiant et terrifiant des geôles françaises: violence des matons, des prisonniers entre eux, perversion, conditions de vie éprouvantes… La prison, c’est la jungle et Marianne le fauve toujours sur la défensive, incontrôlable et qui rend coup pour coup. Seules quelques étincelles de vie lui laissent entrevoir que la vie vaut la peine d’être vécue.

Et puis un jour, une porte s’ouvre. Celle de la sortie, de la liberté. Mais ce qu’on lui demande en échange vaut-il la rédemption?

Malgré quelques longueur – 989 pages faut-il le rappeler? – ce roman est une bombe. Impossible de rester insensible aux différents personnages qui jalonnent cette cavalcade terrifiante.

Marianne, c’est une enfant apeurée et malheureuse, enfermée (toujours ce thème!!!) dans un corps de meurtrière presque malgré elle; Daniel, le maton qui va se révéler au contact de la jeune femme et Franck, qui apparaîtra un peu plus tard dans l’histoire, deux hommes qui sauront voir au-delà des apparences et de la cruauté.

Karine Giébel nous conte l’intense quête d’une femme marquée par le sang et la mort.

Enorme!

ps: Karine le choix du prénom n’est pas innocent n’est ce pas?

 

 

 

Publié dans : Livres | le 19 octobre, 2017 |Pas de Commentaires »

« Titania 3.0  » de Pauline Pucciano

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Titania est une icône des réseaux sociaux. Suivie par des millions de followers, elle modifie son apparence au gré de ses envies.

Jan est un jeune homme solitaire, poète à ses heures.

Leur rencontre improbable va pourtant donner lieu a un véritable coup de foudre. Cependant, les choses se compliquent lorsqu’un officier de police somme Jan d’enquêter sur la jeune femme. Tout un pan de sa vie interroge: son train de vie luxueux, sa  solitude, sa tristesse, ses liens avec Morgane Corp., une multinationale puissante dont l’activité principale est le prélèvement et la revente d’organes.

Jan va prendre tous les risques pour sauver sa belle, quitte à devenir un HR, un Hors Réseau.

Un roman d’anticipation qui dépeint avec un grand réalisme, le Paris tel qu’il pourrait le devenir au XXIIème siècle. La vie est désormais régie par les réseaux sociaux et l’argent. Hyper connectés, les hommes et les femmes sont prisonniers de cet univers factice dans le quel leur moindre geste est scruté avec attention par une police véreuse et dirigée par de grandes multinationales. Si cette vision du futur dérange et fait froid dans le dos, il faut bien reconnaître qu’elle se fonde sur un présent qui y ancre déjà pas mal d’aspect négatifs: fossé qui se creuse entre HR et le reste de la population (nos SDF actuels), réseaux sociaux qui isolent plus qu’ils ne réunissent, soins médicaux de plus en plus onéreux qui laissent les plus pauvres dans une grande précarité, volonté de se transformer physiquement de plus en plus possible par les progrès de la sciences…

… et un sujet tabou qu’aborde l’auteur comme une possibilité proche: le commerce d’organes.

Récit d’une histoire d’amour sur fond de scandale, traque haletante, recherche de la vérité et découverte des ses origines, ce roman explore avec infiniment de cohérence nos dérives actuelles.

A noter que la suite, Titania 4.0, doit sortir cet automne.

Publié dans : Livres | le 13 août, 2017 |Pas de Commentaires »

Erreur de parcours par AudreyAuFilDesPages

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Il y a des jours comme ça où on sent que l’avenir nous sourit, le succès est à portée de la main, le soleil brille tout ça tout ça… et puis on se prend les pieds dans le tapis.

7 heures. Le réveil sonne et Bénabar me chante de « me cacher sous les draps, on commandera des pizza toi la télé et moi… » Réprimant un soupir d’envie, j’enclenche mon pilote automatique : me lever et aller jusqu’aux toilettes pour le pipi matinal (un seul œil ouvert pour éviter de me réveiller trop vite et aussi les erreurs de trajectoire dans la maison), ensuite direction la salle de bains. Cette fois j’ouvre mon deuxième œil. Va bien falloir que j’émerge. J’enfile ma tenue de travail de tous les jours mais sans aucun plaisir : chemise blanche, pantalon noir. Si je m’arrête là, on a presque l’impression que je suis serveuse. Mais c’est sans compter ma splendide veste vert forêt avec la cravate assortie et le petit badge qui va bien « conseillère MégaPhone ». Voilà. Je suis vendeuse. En téléphonie. Rien de honteux non. Rien de transcendant non plus. En fait, je passe ma journée à convaincre de pauvres gens qu’il ne seront jamais tout à fait heureux s’il ne font pas l’acquisition du tout dernier téléphone tactile-à reconnaissance vocale-GPS intégré-applications de folie-voire peut être qu’il te fera ton café si tu lui demande gentiment. Et ça marche bien.

Bon, au début j’avoue c’était pas terrible. Quand je suis arrivée un peu tremblotante pour mon premier jour, ma chef m’avait expliqué gentiment, mais fermement avec un éclair un peu revêche dans le regard maintenant que j’y pense, la devise de MégaPhone : Si un client passe le seuil du magasin il ne doit en aucun cas ressortir sans rien. Ok. Ah oui et aussi la phrase d’accueil à ne surtout pas oublier : Bonjour, heureuse de vous accueillir chez MégaPhone histoire d’entamer la conversation. Contrainte et forcée, je marmonnais cette phrase pour en finir très vite. Mais souvent mon interlocuteur ne comprenait rien et il fallait répéter. Et là, j’avais l’air d’une abrutie à son premier cours de théâtre, rouge et confuse, je répétais ma phrase d’accueil avec la mauvaise intonation, celle de la fille qui n’a pas du tout envie d ‘être là, et souvent le résultat était le contraire parfait de ce qu’il fallait. Le client déguerpissait sans demander son reste. A l’époque, ma responsable, me regardait alors d’un regard mi- désolé mi- effaré et ajoutait impitoyable que j’avais intérêt à faire mieux la prochaine fois. Et d’ajouter d’une voix menaçante « Pense à tes objectifs. Si tu n’arrives pas à me faire au moins cinq ventes d’ici à ce soir, je te laisse le plaisir d’appeler le chef de région.

L’appel de fin de journée. L’ultime punition pour le pauvre petit vendeur soumis au diktat des objectifs. Au bout du fil, une voix tantôt masculine, tantôt féminine – il y a beaucoup de turn over aussi chez les chefs- mielleuse et paternaliste attend que vous lui débitiez votre production journalière. Si la journée a été bonne, l’appel dure trois secondes et vous avez souvent droit à un tout petit « ok. A demain, bonne soirée ». Par contre, si par malheur les résultats ne sont pas ceux attendus, c’est douloureux. Il faut préparer ses arguments et y a plutôt intérêt à ce qu’ils soient solides. Oubliez les ridicules « j’ai mal dormi cette nuit, je ne suis pas au taquet, désolé » et autre « ma cafetière est en panne » vous vous ferez refouler. En fait, vous n’avez aucune excuse. Même pas le fait que la journée soit calme et que les gens, à cause de la pluie ou d’un soleil radieux, vous ont boudé pour faire autre chose. Au mieux vous aurez droit à un rapide encouragement pour le lendemain, le chef de région a parfois une vie qu’il est pressé de retrouver, mais la plupart du temps, il vit pour son travail et donc il est fort probable qu’il vous tienne la patte de longues minutes pour un bon sermon « managérial » de sa composition. Ah, j’oublie un truc très important : tout le monde se tutoie chez MégaPhone. Oui oui tout le monde. Comme si on était une grande famille unie, presque des potes. Enfin si tu produis bien parce que sinon attention au siège éjectable.

Bon bref, ça, c’était au début, il y a 3 ans. Depuis ça va beaucoup mieux. Quand j’accueille un client c’est avec une voix vibrante de conviction, presque d’émotion j’aimerais dire et surtout j’y vais de ma petite blague pour les convaincre que chez MégaPhone, les filles sont trop sympa, on se sent en confiance, non sérieux je te jure, vas-y tu ne seras pas déçu. Mes résultats sont super bons et j’ai presque plus peur d’appeler le chef de région les soirs. Une vraie réussite. D’autant que j’ai eu une super opportunité il y a six mois : ma responsable, qui ne doit pas être revêche avec tout le monde vu qu’elle a fini par s’afficher avec un bidon bien rond dont la bière n’est pas le principal responsable si vous voyez ce que je veux dire, m’a désigné moi, oui moi !, comme remplaçante attitrée pendant son congés pouponnage. J’ai donc accepté et relevé le défi avec bonheur et motivation. J’ai été une chef compréhensive mais ferme, tolérante et dynamique et je faisais les ouvertures et les fermetures. Toutes.

Aujourd’hui, ma responsable reprend sa place. Cette parenthèse m’a permis de me conforter dans mon idée : ma réussite en tant que calife à la place du calife est la preuve que je vais faire du chemin chez MégaPhone. J’ai hâte de voir son regard étonné et chargé de jalousie quant au travail accompli en son absence. Je grimpe dans ma voiture et démarre. Ma radio s’enclenche et j’entends avec un grand plaisir ma chanson préférée du moment : « Zombie » de Maître Gimms.

Tu n’es que l’ombre de toi même

Ta raison se déchire

Tu défie tes désirs

Laisse toi tomber

Retire ces chaînes

Qui te freinent et te freinent

Je chante à tue tête bien à l’abri dans ma voiture. Je me gare comme une barbare sur le parking du centre commercial où se trouve mon magasin et m’avance d’un pas de conquérante. Lorsque je franchis le seuil du magasin, l’aire de vente est déserte et j’entends la voix de ma responsable en train de chuchoter dans la réserve. Intriguée, je m’approche et lorsqu’elle me voit, la jeune maman rougit violemment et se détourne. Elle chuchote à nouveau quelque chose à son interlocuteur et raccroche. « Tu n’as rien d’autre à faire ? » M’agresse-t-elle, très mal à l’aise « euh.. je… » Balbutie-je « File devant tu vas louper des clients » m’ordonne t elle sèchement ». Ok. Toujours aussi revêche. Charmant.

Fin de journée, Madame la responsable consent à rompre son mutisme du matin : Allez les filles, on baisse le rideau et je vous attend derrière, j’ai quelque chose à vous dire. Le moment semble solennel.

« Laurence m’a appelé ce matin. Elle sera au magasin demain après midi. Elle va vous recevoir une par une. ». Laurence, c’est notre actuelle chef de région. Grande, blonde, à la pointe de la mode et super tendance elle a toujours beaucoup de mal à venir nous rendre visite, préférant largement les coups de fil assassins quand les résultats sont moyens. Il faut dire que notre magasin se trouve dans une minuscule galerie commerciale, elle-même située dans une toute petite ville vosgienne. C’est donc un événement qu’elle se déplace jusqu’à nous. « En fait, il s’avère que le magasin va fermer à la fin du mois, vous aller être replacées dans d’autres magasins du secteur selon vos souhaits et les places disponibles bien sûr. » . La bombe est lancée. Je regarde du coin de l’œil mes collègues qui semblent sous le choc. Pour ma part, je me garde bien d’afficher un quelconque sentiment sur mon visage mais à l’intérieur un large sourire me gagne et une musique de circonstance résonne en moi : Eye of the tiger de Survivor. Un musique qui symbolise parfaitement ma future promotion. Bon d’accord elle est un peu kitsch mais qu’est ce qu’elle donne la pêche ! Car je n’ai aucun doute sur ce signe du destin que m’envoie le dieu de la téléphonie. Après avoir cassé la baraque en tant que remplaçante, je vais accéder à ma place parmi le club très fermé des Responsable De Magasin. Avec des majuscules partout s’il vous plaît. Impatiente de savourer à visage découvert cette bonne nouvelle, je prétexte un rendez-vous médical et je me faufile sous le rideau resté entre-ouvert. Je prends sur moi pour ne pas me laisser aller à mes émotions, grimpe dans ma voiture, démarre et m’arrête au stop à la sortie du parking. A ce moment là, je ne peux plus me contenir, et je me met à hurler de joie en levant les bras les poing serrés et j’improvise une petite danse en me trémoussant sur mon siège. Malheureusement, ce n’est pas vraiment du goût du piéton qui passe à côté de moi en sursautant ni du conducteur qui vient de se matérialiser derrière moi et qui klaxonne à qui mieux mieux en agitant son index contre sa tempe….

La nuit a été courte mais je suis fin prête. J’ai soigneusement repassé toutes mes affaires, de la chemise à la veste en passant par la cravate et sans oublier mes chaussettes. Ben quoi ? Ça se repasse les chaussettes… non ? Bref, je brille comme un sous neuf. Je me passe en boucle « Gimme me the funk » de Charades tandis que je prends un peu d’avance en préparant mon discours d’arrivée à ma nouvelle équipe. Un truc sympa, pêchu avec une pointe d’humour mais pas trop quand même, on est là pour bosser après tout !

Arrivée au magasin, je prends mon poste comme d’habitude et ronge mon frein. Laurence est arrivée il y a une heure et s’entretient depuis, porte de la réserve fermée avec ma responsable. Cette dernière finit par sortir et alors que j’esquisse le geste de prendre sa place, elle agite son index de droite à gauche en l’accompagnant d’un bruit très énervant genre « Tsss, Tss, Tss » puis ce même doigt se dirige vers l’une de mes collègues qui s’engouffre aussi sec derrière comme si elle allait à l’échafaud. Le même schéma se reproduit ensuite avec l’autre vendeuse. Je suppose que Laurence veut finir par la meilleure ce qui me réjouit. Mes deux collègues ont l’air plutôt soulagé et détendu en ressortant. Je parierais ma prime sur objectif qu’elles viennent d’apprendre que je serai prochainement leur supérieure et que cela les réjouis au plus haut point. Enfin, mon tour arrive. Je me dirige la tête haute à l’arrière du magasin et réserve mon sourire le plus éclatant à ma chef de région, qui de son côté affiche une mine glaciale. Mon expression perd un peu de son assurance et je m’assois face à elle, légèrement inquiète.

Laurence écrit mon nom sur une grande feuille blanche, le souligne trois fois – comment dois je le prendre ? – puis pousse un profond soupir.

« Je viens de rencontrer tes trois collègues et toutes sont effondrées que le magasin ferme. On peut savoir pourquoi tu es si heureuse ? » me lance-t-elle

« Personnellement, je vois plutôt cela comme une chance » Elle fronce les sourcils. « J’ai eu l’opportunité de pouvoir faire mes preuves ces six derniers mois en tant que remplaçante de ma responsable. J’ai mené à bien l’équipe, obtenu de bons résultats, à présent je suis prête pour assumer cette fonction de manière définitive ailleurs » Un sourire en coin apparaît sur son visage, ce que je prends pour un encouragement. Je continue. « Mes deux vendeuses – elle se redresse sur sa chaise vivement – enfin je veux dire mes deux collègues me reprend-je, vous ont sans doute confirmé à quel point cela s’est bien passé ». J’ai l’impression de marcher sur des œufs. Son attitude gèle peu à peu mes neurones et je n’arrive plus du tout à me souvenir du texte que j’avais préparé sous ma douche.

Elle hoche la tête en signe de négation et à cet instant, je comprend que son esquisse de sourire de tout à l’heure était moqueur et pas positif du tout.

« En fait, elles ne m’ont pas du tout dit ça. Apparemment, les responsabilités que nous avons bien voulu t’accorder pendant le congés maternité de ta collègue t’aurait monté à la tête. Tu as été prétentieuse, imbue de toi-même et ton attitude a gravement endommagé l’esprit d ’équipe de ce point de vente. »

« Tu me fais une blague ? » Je ne comprend rien.

Laurence hoche la tête d’un air désolé et méprisant.

« C’est quand même pas de ma faute si le magasin ferme, si ? »

Elle abat son poing sur la table. Je sursaute. Elle à l’air furieux. Elle reprend l’instant d’après d’une voix sèche « Tu vois, tu continues ! Le monde ne tourne pas autour de toi. MégaPhone restructure ses points de vente, essaye de repenser ses méthodes et son organisation, tu n’as rien à voir là dedans. Bon, reprenons sur le but de ma présence ici qu’on en finisse. As tu réfléchi au secteur dans lequel nous pourrions essayer de te replacer ? »

« Eh bien en fait peu importe l’endroit du moment qu’il s’agit d’une place de responsable où à la rigueur adjointe dans un premier temps tout me va. »

Cette fois, elle se permet carrément de rire à gorge déployée. Limite les larmes aux yeux. Je me sens extrêmement vexée et en colère qu’elle puisse se foutre de moi comme ça .

« Écoute moi bien ma cocotte - !!! – tu as été une brave fille et tu nous as bien rendu service pendant l’absence de ta responsable. Mais tu n’as absolument pas les épaules ni les capacités pour diriger une équipe. Bosse encore gentiment quelques années et après on en reparlera, d’accord ? En attendant, je prends note de ta mobilité. Tu recevras ta nouvelle affectation par courrier comme les autres. Elle agite vaguement la main en signe de congés et ne me regarde plus trop occupé à griffonner quelque chose sur sa maudite page blanche.

Je suis sous le choc. Tellement abasourdie que j’obéis comme un automate. Je me lève et me dirige vers la surface de vente. Je constate avec horreur que la porte est restée ouverte pendant tout l’entretien, permettant à mes collègues et éventuellement quelques clients de profiter de notre échange, vu le volume de la voix de Laurence. D’ailleurs, je surprends différents types de regards : celui du couple devant la vitrine est clairement compatissant et gêné, plutôt moqueur pour mes collègues et clairement goguenard et revanchard pour ma responsable. Incapable d’en supporter plus, je me détourne et m’affaire de l’autre côté du magasin, nettoyant la vitrine, replaçant d’un demi-millimètre un téléphone qui n’en avait nullement besoin tout en essayant de me faire oublier. Je n’étais déjà pas bien grande avant d’aller à mon entretien, 1 mètre 53 pour ceux que ça intéresse, là je crois que je ne fais plus que 50 centimètres. Je m’arrange même pour être très affairée avec un client lorsque Laurence s’en va, histoire de ne pas avoir à la saluer ni lui souhaiter une bonne journée alors que j’ai juste envie de lui fourrer ma cravate amoureusement repassée ce matin dans sa vilaine gorge histoire qu’elle s’étouffe avec. Antisocial, tu perds ton sang froid.

Après quelques heures de travail particulièrement pénibles à éviter tout échange de quelque nature que ce soit avec mes collègues, l’heure de la libération sonne. Un au revoir de la main suffira pour ce soir, pas envie de les bécoter ces Judas en jupon ! Il faut que je me hâte de rentrer chez moi pour pouvoir laisser libre cours à ma colère sans ça je crois que je vais en étriper une. Comment interpréter ce revers honteux que je viens de subir ? Elles sont jalouses, forcément ! J’ai si bien bossé qu’elles n’ont pas supporté et elles m’ont cassé par derrière. Déjà quand j’ai été nommée remplaçante elles devaient être verte… Tout le long du retour à la maison, j’alimente ma colère…

… qui retombe comme un soufflé une fois dans mes quatre murs. Tous les efforts fournis jusque là me semblent maintenant vains. Je pensais avoir trouvé ma voie mais il s’agit d’une voie de garage. Sans issue. Circulez y a plus rien à voir ! Je m’effondre sur mon lit et éclate en sanglots. Je pleure toutes les larmes de mon corps dans les quatre coins de l’appartement : la chambre, sous la douche, sur le rebord de la fenêtre du salon, la tête contre la vitre et même aux toilettes. Je pleure de tristesse de voir mon avenir professionnel s’écrouler, je suffoque en repensant à la honte que j’ai ressenti face à tous ces gens qui m’ont vu me prendre les pieds dans le tapis. Et les mots de Laurence me reviennent comme autant de petits coups de couteau dans mon amour propre endolori. Son attitude hautaine me fait réaliser que je n’ai pas l’importance que j’imaginais. Je suis juste une employée Lambda qui a eu brièvement des rêves de grandeur.

Je m’observe à présent sans complaisance dans le miroir. Et une autre pensée encore plus désagréable vient me frapper de plein fouet. Malgré mon envie de la museler pour ne pas avoir à accepter cette nouvelle vérité, je me fais violence et formule à haute voix ce que je viens de comprendre : c’est de ta faute si tu en es arrivé là. Si tu réfléchis bien tu mérite ce qui t’arrive. Tu as changé d’attitude avec tes collègues ce qui t’as fait te les mettre à dos. Tu t’es cru plus maligne que les autres mais tu es juste une petite vendeuse de rien du tout dans un petit magasin dans une toute petite ville. Tu croyais quoi hein ? Pauvre sotte !

Je m’arrête là car j’ai de nouveau les larmes aux yeux. Les faits sont là. J’ai pris la grosse tête. Pour rien. D’autant que si je suis pleinement sincère avec moi, ce boulot ne m’a jamais vraiment plu. J’ai fais des efforts parce que j’aime qu’on m’apprécie et j’aime bien faire les choses mais au fond je ne suis pas épanouie . Et je ne l’aurais jamais été. Je m’endors épuisée. Demain est un autre jour. Qui ne m’apporte pas vraiment d’apaisement ni de solution quant à la suite à donner à tout cela. La journée puis la semaine défile et j’essaie tant bien que mal de faire bonne figure au boulot. Nous avons commencé gentiment à faire les cartons pour vider le magasin avec pour consigne d’en dire le moins possible aux clients. Car en attendant, les objectifs courent toujours et ils n’ont pas besoin de savoir que la semaine prochaine à la même heure, le rideau demeurera obstinément fermé. Honteux ! Je suis de plus en plus révoltée par ce que j’en étais arrivée à considérer comme normal. Toute cette gestion avec pour seul but un maximum de profit au mépris des consommateurs me débecte.

Vendredi soir, en rentrant, un courrier du siège de MégaPhone est arrivé chez moi. Demain est le dernier jour et lundi je suis censée démarrer quelque part mais je ne sais toujours pas où. Alors que mes collègues, elles savent qu’elles se retrouveront ensemble dans un autre point de vente à seulement 30 kilomètres de là. J’ouvre fiévreusement mon affectation, le cœur battant : le magasin de Nancy-centre m’attend lundi à 8h00 (briefing avant ouverture oblige) pour prendre mon nouveau poste… de vendeuse. 260 kilomètres à faire tous les jours ! J’hallucine ! Mais ils se prennent pour qui chez MégaPhone sérieux ? Je chiffonne le papier de colère. M’en fous, je n’irai pas. JE. N’IRAI. PAS. La réalité vient de me frapper avec brutalité. Et un grand soulagement aussi. Elle est là ma solution et qu’importe les conséquences.

Cette dernière journée est très intense, à croire que les clients ont senti que c’était le moment où jamais de venir faire des achats chez nous. Je jongle avec les demandes de mise en ligne, les encaissements et les explications de fonctionnement. Nous fermons une heure plus tôt pour finir de vider le magasin en attendant que les livreur viennent tout chercher lundi matin. Une page se tourne. Les filles semblent émues et n’en finisse plus de se promettre de maintenir le lien et de se serrer les coudes. Je me contente de les embrasser en leur souhaitant un bon week-end.

Lundi, je n’irai pas à Nancy. Pas plus que le lendemain et aucun autre jour de ma vie. Lundi, je prend le train direction le sud ouest où mon amie d’enfance attend ma venue. J’ai besoin de me ressourcer, de retrouver un visage bienveillant, de panser mes plaies. Bien sûr, il faudra que je revienne assumer ma décision. Mais je sais que j’ai fait le bon choix. Je ne suis pas faite pour cette vie là. Je leur laisse les clients, les objectifs et – ouf ! – l’appel de fin de journée. Bizarrement l’avenir ne m’angoisse pas du tout, je suis confiante, positive et optimiste. Déjà plein de projets fourmillent dans ma tête tous plus motivant les uns que les autres et qui, j’en suis sure, me rendront heureuse. Je démarre ma voiture pour quitter cet endroit et comme un signe du destin la radio passe Bon Jovi « It’s my life » : It’s my life, it’s now or never, I ain’t gonna live forever, I just want to live while I’m alive . Je souris. It’s my life.

Publié dans : Ecriture | le 9 août, 2017 |5 Commentaires »

« Et tu trouveras le trésor qui dort en toi » de Laurent Gounelle

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En cinq romans, Laurent Gounelle s’est imposé largement dans le roman initiatique riche en enseignement sur le développement personnel.

Dans ce tout nouveau récit, il est question d’Alice, une jeune femme bien dans sa peau et complétement athée qui décide, par amitié, d’aider son ami d’enfance Jérémie à ramener plus de fidèles dans son église. Pour y parvenir, elle va devoir franchir un pas difficile pour elle et tenter de s’approprier un peu mieux les fondements de la religion catholique, alors qu’elle en a toujours pensé le plus grand mal. Ce qu’elle va découvrir va bouleverser toutes ces certitudes et ces à priori.

Laurent Gounelle aborde donc ici le thème de la religion et en fait un réécriture intéressante.

Confronté à des textes très anciens comme la bible par exemple, nous sommes tous tentés d’en faire une lecture au premier degré… et de passer à côté de l’essentiel. Dans ce roman, les religions se rejoignent dans leurs enseignements pour nous apporter les clés de notre épanouissement et plutôt que d’en retenir une liste d’interdits et une vision étriquée des choses, si nous découvrions que le catholicisme rejoint le bouddhisme sur la voie d’une vérité universelle et bienfaisante?

L’idée de départ de ce roman est vraiment passionnante et j’ai entamé ma lecture avec bonheur. Mais je dois dire que j’ai été un peu déçue et je trouve que le défi a été à moitié relevé. Si l’explication de texte revisitée donne d’incroyables perspectives, j’aurais aimé que l’auteur développe encore plus son analyse. On survole le sujet et je reste sur ma faim.

Néanmoins que vous soyez ou non croyant, ce roman est une bonne base pour ce réapproprier un domaine mal connu par la plupart d’entre nous.

Publié dans : Livres | le 26 juillet, 2017 |Pas de Commentaires »

« Les jours meilleurs » de Cecelia Ahern

les jours meilleurs

Kitty est journaliste mais son travail des derniers mois ne lui a pas vraiment valut récompenses et félicitations. A cause d’elle, un homme a dû faire face à une humiliation publique aussi violente qu’injuste dont la jeune femme n’a pas mesuré les conséquences.

Décidée à se rattraper tant aux yeux du public qu’à ceux de Steve, son meilleur ami qu’elle a beaucoup déçu, elle se rend au chevet de Constance. Sa patronne et amie se meurt dans cancer mais lui révèle l’existence d’un sujet sur lequel elle doit travailler pour redorer son blason. Une liste de 100 noms. Sans explication sur ce qu’elle doit en faire.

Commence alors pour Kitty une longue et harassante enquête pour retrouver ces personnes et percer le secret de la liste. Une recherche qui permettra aussi à la jeune femme de trouver du sens à sa vie.

Je suis fan de Cecelia Ahern depuis son premier roman « P.S. I love you« , adapté en film avec l’émouvante  Hilary Swank. Le récit d’une femme qui perd son mari d’une maladie alors qu’ils n’en sont encore qu’au début de leur mariage. Alors qu’elle sombre dans une grave dépression, elle se met à recevoir chaque mois une lettre de son amour perdu. Chaque missive lui donne des instructions et des défis pour lui permettre de retrouver à nouveau le chemin de la vie. Un roman d’une grande délicatesse, très émouvant, que je vous recommande. Suite à cet énorme succès, Cecelia Ahern a enchaîné durant les dix dernières années une dizaines de romans, tous aussi délicieux, avec une mention spéciale pour l’un de mes favoris « Merci pour les souvenirs« .

Par contre ce nouveau roman ne m’a pas emportée.

L’auteure a l’habitude de prendre comme personnage principal des hommes et des femmes pas spécialement « aimables »: renfermés, acariâtres, désagréables , déprimés  ou malheureux au début du récit, ceux-ci se voient transformés au fil de l’histoire. Kitty ne fait pas exception à la règle. Plutôt égoïste, butée et imbue d’elle-même, elle finira par s’ouvrir aux autres et y puiser de belles leçons de vie. Cependant, ce n’est pas cet aspect là qui m’a dérangé.

J’ai eu énormément de mal à rentrer dans l’histoire. La quête de Kitty pour retrouver au moins quelques uns des 100 noms de la liste m’a paru longue, brouillonne, incompréhensible et l’explication finale ne m’a pas vraiment convaincue. Je n’y ai pas retrouvé non plus l’humour tendre des romans précédents. Je trouve que le récit manquait d’âme et de profondeur.

En naviguant en peu sur les différents blogs et sites parlant de ce roman, je me suis aperçue que la quasi-totalité des lecteurs avaient beaucoup plus apprécié que moi ce livre. Peut être faudra-t-il que j’attende un autre moment de ma vie pour le relire et voir si j’en tire plus de satisfaction? Dans le doute et si le résumé vous séduit quand même… pourquoi ne pas tenter l’expérience de cette lecture?

Publié dans : Livres | le 20 juillet, 2017 |Pas de Commentaires »

« Les derniers jours de Rabbit Hayes » d’Anna Mc Partlin

Les-derniers-jours-de-Rabbit-Hayes

A l’heure où tous les magazines, les émissions culturelles et les blogs s’évertuent à vous trouver LA lecture idéale pour la plage, j’ai décidé de prendre un peu le contre-pied et de vous proposer ce livre que je viens de refermer.

L’histoire est grave et la fin annoncée: Mia Hayes, surnommée Rabbit par ses proches, se meurt d’un cancer à l’aube de ses 40 printemps. Elle va laisser derrière elle Juliet, sa fille de 12 ans, des parents aimants, un frère, une sœur, des neveux et nièces et beaucoup d’amis. Tous ont neuf jours pour accepter son départ imminent, s’y préparer, lui dire au revoir et réfléchir à la manière dont ils vont vivre « l’après ».

Un roman intense et poignant qui nous positionne tour à tour à la place de chaque membre de la famille. Comment parvient on à gérer le décès de son enfant? De sa mère alors qu’on est à peine une adolescente? L’auteur revisite avec ses personnages les moments forts de la vie de Rabbit, ses souvenirs d’enfance, des anecdotes émouvantes. Sans jamais verser dans du larmoyant, Anna Mc Partlin nous offre un récit souvent drôle alors que le sujet s’y prête si peu, optimiste aussi et incroyablement tendre.

Jusqu’au bout c’est l’amour, la vie, la capacité de rire encore une fois qui, comme un pied-de-nez à la mort qui rôde, cherche à l’emporter, à montrer que, même si l’issue est inévitable, il en restera toujours quelque chose de positif.

Un roman aussi lumineux que triste.

 

Publié dans : Livres | le 10 juillet, 2017 |Pas de Commentaires »

« Tout sauf le grand amour » de Kristan Higgins

Tout sauf le grand amour

A trente ans, Lucy tente de continuer à avancer. Veuve depuis 5 ans, elle a rejoint le club non-officiel de « Veuves Black » : tout comme ses deux tantes et sa mère, elle a perdu son mari très jeune et travaille avec elles dans la boulangerie de la famille.

Son meilleur ami est Ethan Mirabelli, son beau frère qui la soutien depuis toujours… et bien plus encore. Mais à présent Lucy a pris une grande décision. Elle souhaite vivre une vie normale, fonder un foyer et se marier, de préférence avec un homme dont elle ne serait pas amoureuse, histoire de ne plus jamais souffrir comme par le passé. Cette décision est un véritable coup de tonnerre chez les proches de la jeune femme et la recherche s’avère ardue…

Ce que j’ai aimé dans cette histoire ce sont les personnages qui composent la famille de Lucy: des tantes de 80 ans qui se disputent comme des chiffonnières, exposent leur intimité et celle de leur nièce à tout va et ont un langage surprenant et drôle pour des femmes de leur âge, une mère toujours sur son 31 et avare de gestes tendres, une sœur complétement névrosée… bref c’est un vrai régal.

Par contre, le personnage de Lucy m’a un peu agacée. Depuis que son mari a perdu la vie dans un accident de voiture quelques mois après leur mariage, plus aucun homme n’arrive à la cheville du disparu dont l’aura brille si fort qu’elle éclipse quiconque voudrait se mesurer à lui. Du coup Lucy se vautre dans sa tristesse et est incapable de prendre la moindre décision que ce soit dans sa vie professionnelle ou personnelle. Je n’avais en fait pas vraiment envie de la plaindre mais plutôt de la secouer. L’empathie dont la ville entière a fait preuve auprès d’elle semble l’avoir habituée à ce statut de veuve éplorée et, bien que je puisse comprendre que la peine subsiste, j’ai souvent trouvé qu’elle en faisait trop. Bref, ça m’a énervé.

Après, il y a l’histoire d’amour. On adhère ou pas sur le côté légèrement « subversif » mais sinon c’est mignon, sans grande surprise.

Léger pour une lecture sans prise de tête et pour passer un moment cocooning.

Publié dans : Livres | le 9 juillet, 2017 |Pas de Commentaires »

« Au fond de l’eau » de Paula Hawkins

Au fond de l'eau

Avec « La fille du train », Paula Hawkins nous avait plongé avec brio dans une intrigue policière vraiment palpitante. Autant dire que j’attendais beaucoup de son nouveau roman.

Nel et Julia ne se sont jamais vraiment bien entendues. C’est donc avec appréhension et répugnance que Julia, dites Jules, quitte Londres pour retourner à Beckford, la ville de son enfance, y enterrer sa sœur et prendre soin de sa nièce qu’elle ne connaît pas.

Sur place, tout semble difficile à la jeune femme qui est contrainte de renouer avec un passé qu’elle a fuit et qu’elle prend à nouveau de plein fouet. De plus Lena, âgée de quinze ans, lui reproche son absence et son manque évident de soutien auprès de sa mère. Pourtant, la thèse du suicide de cette dernière semble complétement improbable, d’autant que la petite ville cache beaucoup de secrets.

Les romans de Paula Hawkins nous plongent dans une ambiance vraiment particulière, sombre, pesante, glauque. Les personnages que l’on croise sont pathétiques, borderline, mystérieux et baignent dans la tristesse et la langueur de leurs échecs. On est bien loin des héroïnes belle comme le jour, puissantes, charismatiques à qui tout réussi. Mais je trouve que ça fait du bien d’avoir face à nous de « vrais humains » fait de chair et de sang et surtout faillible.

Si l’écrivain sait nous mettre en condition lentement à l’image d’une immersion glacée dans les eaux troubles de la rivière de Beckford, elle ne m’a pas emportée jusqu’à fond (de l’eau).

L’intrigue est sans conteste prenante, chaque personnage dissimule des secrets honteux encore pire que ceux du voisin, l’eau exerce un pouvoir enchanteur et terrifiant, les indices semés et récoltés au compte goutte contribuent à nous scotcher au récit. D’autant que les courts chapitres permettent à plusieurs femmes, Lena, Jules, Erin, Louise, Helen, d’aborder l’intrigue sous différents angles.

Ce livre aborde également différents thèmes, le suicide, la dépression, la manipulation et sont traités avec beaucoup de subtilités et d’empathie.

Alors que la quatrième de couverture nous promettait « un ultime rebondissement, qui marquera tous les esprits », j’ai été assez déçue et je reste sur ma faim. J’aurais aimé que Paul Hawkins frappe encore plus fort. Un peu raté selon moi mais ce roman reste un bon thriller malgré tout.

 

Publié dans : Livres | le 27 juin, 2017 |Pas de Commentaires »

« Il était encore une fois » de Charlie Wat

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Un mariage, c’est souvent l’occasion de retrouver son passé à travers des visages que l’on a connu puis perdu de vue.

Celui-ci ne fait pas office d’exception.

Invitée à passer la semaine pré-mariage dans un mas provençal, Sandra se réjouit surtout de retrouver sa bande de copains du lycée. Le rigolo de la bande, la timide, le crâneur, la pimbêche et éternelle rivale, ils seront tous là… y compris Adrien, l’amour secret de la jeune femme. Si tout se présente pour le mieux, l’arrivée de Mélanie vient vite faire tourner à l’aigre le séjour: les deux femmes n’ont toujours pas oublié leur haine réciproque et elles continuent comme par le passé à se disputer les faveurs du beau Adrien… au point de gâcher la réception nuptiale avec une retentissante bagarre!

Sauf que… les deux jeunes femmes se réveillent à nouveau quelques jours avant la cérémonie! L’occasion de rattraper leur erreurs?

Ce roman fleure bon l’été, les soirées festives au bord de la piscine entre copains, les souvenirs … nostalgie!

Charlie Wat nous entraîne dans une délicieuse et divertissante comédie romantique qui ne manque pas de nous interroger sur nos choix de vie et notre perception des gens au fil du temps qui passe. L’heure du bilan a sonné!

Merci Charlie de m’avoir permis de découvrir ta plume! A bientôt j’espère ;-)

Publié dans : Livres | le 21 juin, 2017 |Pas de Commentaires »
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Christine Bernard |
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